Page:Petit - De la vipère et des moyens de remédier à sa morsure.djvu/17

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du soleil sur les collines exposées au levant. Bientôt elles s’accouplent et restent pendant un temps fort long, dans une copulation dont le résultat est de vivifier de douze à vingt-cinq œufs, à peine aussi gros que ceux des roitelets et des mésanges et qui éclosent dans le ventre de la femelle ; là, le vipereau, roulé sur lui-même, atteint la taille d’un décimètre environ avant de paraître à la lumière, ce qui arrive habituellement dans le quatrième mois qui suit l’accouplement.

La vipère se nourrit de petits quadrupèdes, de souris, de mulots, de taupes, de lézards, de grenouilles, de crapauds, de salamandres, de jeunes oiseaux et d’insectes, comme des mouches, des fourmis, des cantharides et même des scorpions selon Aristote. Elle mange aussi des mollusques et des vers, et de même que tous les ophidiens, elle peut, sans en souffrir notablement, supporter un jeûne de plusieurs mois.

La vipère, comme les autres serpents venimeux, ne s’élance sur l’homme ou les animaux que quand elle y est forcée ; presque toujours elle fuit, rarement elle poursuit. Lorsqu’elle se voit menacée, alors elle se roule sur elle-même, en formant plusieurs cercles concentriques ou superposés : tout le corps est ramassé sous la tête. « Celle-ci est placée au sommet et au centre de cet enroulement, retirée un peu arrière par une espèce de crochet de la dernière vertèbre cervicale, comme une vedette toujours en observation, comme un trait toujours prêt à partir. Lorsque l’animal veut s’élancer, il se débande comme un ressort, allonge sa masse avec une telle vitesse, que pendant un instant on le perd de vue, que l’éclair n’est pas plus prompt[1]. » Dans cette impulsion, la vipère franchit un espace tout au

  1. Rufz, Journal des Antilles, 1813, p. 27.