Page:Petit - De la vipère et des moyens de remédier à sa morsure.djvu/20

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la vipère, quoique moins nauséabonde. Lorsqu’on l’a soumis à la chaleur, il se dessèche en devenant épais et collant aux corps qui le touchent, et enfin il se durcit en forme d’écailles. Il parait être de nature gommeuse.

Si l’on met du venin de vipère, ou de la vipérine, dans un vase avec du sang d’un animal à sang chaud, ce sang noircit et devient incoagulable. Le même effet se produit avec le sang de reptile naturellement peu plastique. Avec le sang de mammifères, il ne surnage pas de sérum, mais il s’en forme beaucoup au contraire avec celui des reptiles et des batraciens.

Fontana s’est livré à des recherches multipliées sur le venin de la vipère, dans le but de déterminer la gravité des morsures de ce reptile venimeux. Dans ses expériences, qui se rapprochent de six mille, il a reconnu différents faits dont nous allons donner le résumé :

Le venin de la vipère est sans action sur les animaux à sang froid ; inoculé à l’escargot, à la limace, à la couleuvre, à la vipère elle-même, il reste sans effet.

Il est toxique pour les animaux à sang chaud. La dose nécessaire pour déterminer la mort est subordonnée à l’espèce qui la reçoit, à la taille et à l’âge du sujet.

1/2 milligramme tue un moineau,
3 un pigeon,
15 centigrammes seraient nécessaires pour tuer un homme
60 ou un bœuf.

La vipère commune n’en fournissant que 10 centigrammes environ, il est rare qu’elle puisse tuer un homme, tandis que le trigonocéphale et surtout le serpent à sonnettes, beaucoup plus volumineux, en fournissent une quantité suffisante pour faire périr non-seulement un homme, mais même de gros mammifères.