Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 1re série, tome 3.djvu/102

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DISSERTATIONS

histrionibus vitium est immane, non virtus. Illa sanies Romæ recepta, et favorihus aucta, tandem collabefecit bonos mores, et civitates perdidiL, coegitque imperatores sœpius eos expellere [1]. Les annales de France justifient encore que les ménétriers et les farceurs estoient appeliez à ces cours solennelles, lorsqu’elles parlent de Louys le Débonnaire : Nunquam in risu exaltavit vocem suam, nec quando in summis festivitatibus ad lætitiam populi procedebant thymelici, scurræ, et mimi, cum coraulis et citharistis ad mensam coram eo [2], etc. Ils sont appeliez ministrels ou ministellu, quasi parvi ministri, c’est à dire les petits officiers de l’hostel du Roy.

Mais ce qui faisoit particulièrement parétre la magnificence des princes en ces occasions, estoient les liberalitez qu’ils exerçoient à l’endroit de leur principaux officiers, leur donnant divers joyaux et particulièrement ceux qu’ils portoient sur leurs habits. Mathieu Paris : Eodem celeberrime festo (Natalis Dominici) licèt omnes prædecessores sui indumenta regalia et jocalia pretiosa consuevissent ab antiquo disiribuere, ipse tamen Rex… nulla penitùs militibus distribuit, vel familiaribus [3]. Enfin comme les anciens empereurs et les consuls de Rome et de Constantinople, lorsqu’ils prenoient possession de leurs dignitez faisoient répandre quantité de pièces d’or et d’argent, que les auteurs latins appellent missilia, et les Grecs ύπάτια : ainsi nos roys faisoient crier largesse par leurs roys d’armes, et leurs heraux, durant les festins, chacun deux tenans en la main de grands

  1. D. Aug. tract. 100, in Jo. cap. 6.
  2. Annal. Fr. Metz. A. 873.
  3. Math. Paris, A. 1251, p. 540.