Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 1re série, tome 3.djvu/28

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EXTRAITS

rale, que les fuyards avoient augmentée ; les portes du Caire étoient restées ouvertes toute la nuit pour les recevoir. Un second pigeon, porteur de la nouvelle de la victoire remportée sur les Français, remit le calme dans la ville ; la joie succéda à la tristesse, chacun se félicitoit de cet heureux événement, et l’on fit des réjouissances publiques.

Dès que Touran-Chah eut appris la mort de son père Nedjm-Eddin, il partit de Husn-Keifa [1] : ce fut le 15 de la lune de Ramadan qu’il quitta cette ville, suivi seulement de cinquante cavaliers ; il arriva à Damas vers la fin de la même Lune. Après avoir reçu l’hommage de tous les Gouverneurs des villes de Syrie, il en partit un mercredi 27e jour de la lune de Chewal et prit la route de l’Égypte. La nouvelle de son arrivée releva le courage des Musulmans ; la mort de Nedjm-Eddin n’avoit pas encore été déclarée publiquement, le service du Sultan se faisoit à l’ordinaire, ses officiers préparoient sa table comme s’il eût été vivant, et tous les ordres étoient donnés, en son nom. La Sultane gouvernoit l’État, et trouvoit dans son génie des ressources à tout : dès qu’elle eut appris l’arrivée de Touran-Chah à Salieh, elle s’y rendit et se dépouilla de la souveraine puissance pour la lui remettre. Ce Prince voulut paroître à la tête des troupes et prit le chemin de Mansoura, où il arriva le 5e de la lune de Zilkadé [8 février 1250].

Des bateaux que l’on envoyoit de Damiette apportoient au camp des Français toutes sortes de provisions et y entretenoient l’abondance ; le Nil étoit pour lors

  1. Husn-Keifa, ville de Diarbekir, située sur le bord du Tigre, dans la péninsule Ibnomar ou Miafarikein. Aboulféda.