Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 1re série, tome 3.djvu/86

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DISSERTATIONS

cours d’argent, que nos rois tirent de temps en temps du clergé de France, particulièrement depuis que les milices des fiefs ont esté abolies ; car au temps que tous les fiévez estoient tenus de se trouver dans les armées des roys, et des souverains, les ecclésiastiques estoient pareillement obligez d’y servir, mêmes en personne, acause de leurs terres, de leurs régales, et de leurs fiefs ; non qu’ils y portassent les armes, comme les séculiers, mais pour y conduire leurs vasseaux, tandis que de leur part ils employoient leurs prières pour la prospérité des armes du Prince [1].

Le camerier, c’est-à-dire le garde du trésor du Roi, avoit la charge de recevoir ces présens, et estoit soumis en cette fonction à la Reyne, à qui elle appartenoit de droit. Hincmar écrivant de l’ordre du palais de nos roys : De honestate verò palatii, seu specialiter ornementp regali, nec non et de donis annuis} militum, absque cibo et potu, vel equis ad Reginam præcipuè, et sub ipsâ ad camerarium pertinebat [2]. Puis il ajoute qu’il estoit encore de la charge du camerier, de recevoir les présens des ambassadeurs étrangers, c’est-à-dire qu’il les devoit avoir en sa garde, comme faisans parties du trésor royal. Car d’ailleurs ces dons se faisoient par les sujets aux rois directement, qui les recevoient de ceux qui les leur présentoient, tandis que leurs principaux ministres ou conseillers regloient les affaires publiques. Interim verò, quo hæc in Regis absentiâ agebantur, ipse princeps reliquæ multitudini in suscipiendis muneribus, y salutandis proceribus…, occupatus erat [3].

  1. Galland au traité du franc-Aleu.
  2. Hincmar de ord. palat. n. 22. Opusc. 14.
  3. Id. n. 34, 35.