Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/104

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DU MARÉCHAL DE GRAMONT. [167~] !ot

projet du siège de Bayonne, les principaux de la junte répondirent que la flotte étoit arrivée trop tard, et que ce qui eût été facile quinze jours plus tôt, par l’abandon où étoit Bayonne, devenoit maintenant impraticâble, vu la nombreuse garnison qu’il y avoit dedans, la quantité de noblesse qui m’y étoit venue joindre, et le bon état oùj’avois mis la place ; qu’ainsi ils pouvoient s’en retourner comme ils étoient venus que le pays ne fourniroit rien de tout ce qu’ils demandoient, et que les peuples de Biscaye et de Guipuscoa ne vouloient point, pour une tentative quinepouvoit plus être désormais qu’infructueuse, rompre le traité qu’ils avoient signé avec moi, et rentrer dans une guerre qui étoit la perte de leur pays par l’entière cessation du commerce avec la France.

Pendant tout ce conflit rentre la junte et les généraux hollandais, le maréchal de Gramont, à qui

!e Roi avoit mandé de Franche-Comté l’ordre qu’il

m’avoit donné de me jeter dans Bayonne, et le péril éminent où se trouvoit cette place, prit son parti sur-le-champ, et malgré sa goutte, qui étoit violente, fit mettre les chevaux à son carrosse, et arriva en treize jours à Bayonne.

La nouvelle de l’arrivée du maréchal de Gramont à Bayonne fut sue dès le lendemain à Saint-Sébastien et les Espagnols, estimant qu’un homme comme lui, et de sa considération, y augmenteroit encore la compagnie, déclarèrent net à l’amiral Tromp et au comte de Horn qu’ils ne souffriroient aucun débarquement, et que tout le pays alloit se soulever contre eux et-prendre les armes, s’ils ne remcttoient promptement à la voile. Ce discours laconique ne