Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/103

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tOO [’~4] MÉMOIRES

traité de bonne correspondance entre les frontières l’année d’auparavant, qu’étant informé que la flotte de Hollande étoit dans leurs ports à dessein de m’attaquer, j’étois bien aise de leur faire savoir que j’étois dans Bayonne avec un corps de troupes assez considérable pour ne rien craindre, ce qu’ils savoient déjà par d’autres que par moi ; et que s’ils souffroient le débarquement des troupes enne.mies, et qu’il y eût un seul Hollandais qui mît le pied en France, je prendrois cela pour une rupture ouverte du traité qu’ils avoient fait avec moi ; qu’au reste je les assurois que si M. Tromp et M. le comte de Horn s’avisoient de venir jusqu’à Bayonne, ils ne me feroient pas grand mal, et qu’ils s’en retourneroient promptement dans leurs vaisseaux avec leur courte honte mais qu’après je leur donnois ma parole que le retour vaudroit matines et que de l’instant que la flotte se seroit retirée (ce que je les assurois qui arriveroit immanquablement), il ne seroit plus alors question avec moi de paix ni de concorde sur nos frontières que je leur ferois la guerre du monde la plus vive, et que j’étois en état, par la supériorité de troupes que j’avois sur eux de les aller brûler jusque dans Vittoria, et de ruiner le pays a jamais.

Ma lettre porta coup, et produisit l’effet que j’en atten dois ; car l’amiral Tromp et le comte de Horn ayant demandé, de)a part de Leurs Hautes Puissances leurs maîtres, qu’on assemblât à Saint-Sebastien la junte du pays, en conformité du traité avec Sa Majesté Catholique, pour qu’elle eût à faire fournir par la Biscaye et le Gnipuscoa les troupes, l’artillerie et les munitions de guerre nécessaires pour l’exécution du