Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/24

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DU MARÉCHAL DE GRAMONT. [1658j at [

rêvé quelque temps, lui conseilla de la fermer ce que fit le roi de Hongrie, et s’en trouva fort soulagé.

Il y a tant de portraits faits de lui, . qu’il seroit superflu de parler de sa personne. Quant aux qualités de son esprit, j’ai ouï dire que son naturel étoit fort bon et doux ; peu de connoissance des sciences et des langues, n’en sachant que la sienne, et l’italienne qu’il parloit fort bien ; il ne savoit pas un mot de l’espagnole, ce qui ne laissoit pas d’être bizarre par plus d’une raison. Il aimoit la musique, et la possédoit assez bien pour composer des airs fort-tristes avec beaucoup de justesse. Les réponses qu’il faisoit étoient toujours très-laconiques ; cependant il passoit pour avoir fort bon sens ’et une grande fermeté. Il n’avoit, jusques au temps qu’il arriva à Francfort, jamais parlé à femme qu’à l’Impératrice sa mère, et donnoit de grands exemples de continence vertu d’autant plus estimable, qu’elle est rare aux princes de son âge, et du rang qu’il tenoit.

Tous les électeurs le traitèrent chacun selon leu" rang. Il buvoit autant qu’il falloit pour faire raison sans se troubler. L’archiduc étoit avec lui, mais toujours au-dessous du dernier électeur. Les princes et les personnes de grande qualité s’efforcoient à le divertir, et ils firent une course de têtes par quadrilles séparés la dépense n’en fut pas extraordinaire et je ne sais quel étoit le plus court, ou le temps ou l’argent. Quoi qu’il en soit, la chose parut belle à ceux qui n’en avoient point vu de semblable. Ils furent honorés de la présence de plusieurs belles dames, auxquelles je veux croire qu’ils songeoient plus à