Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/46

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DU MARÉCHAL DK GRAMONT. [t65g1

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queroit à ce qu’il devoit au Roi et a l’État, s’il ne recevoit pas avec joie et à bras ouverts les propositions qu’on lui faisoit de la part du roi d’Espagne. Madame Royale fondit en larmes, fit ses plaintes inutilement à tout le monde. Le duc de Savoie regagna Turin en diligence, sa mère le suivit de près : et pour adoucir en quelque façon sa juste et vive douleur, le Roi lui donna en partant un écrit signé de sa main, et contre-signé des quatre secrétaires d’État, par lequel Sa Majesté lui promettoit d’épouser la princesse sa fille, en cas qu’il ne se mariât pas avec l’Infante et il fallut bien qu’elle se payât de cette mauvaise monnoie, n’en pouvant avoir de meilleure. La cour s’en retourna à Paris, Pimentel eut les pouvoirs nécessaires d’Espagne, la suspension d’armes se fit ; et le 4 de juin les articles de paix furent signés par le cardinal Mazarin et ledit Pimente). Le Roi vint à Fontainebleau, et le cardinal prit sa route pour aller à Saint-Jean-de-Luz. Arrivant Poitiers, Pimentel reçut d’Espagne la ratification du traité qu’il avoit signé à Paris

Enfin, après plusieurs conférences entre le cardinal et don Louis dans cette île des Faisans si renommée, et les diOicuhés surmontées sur l’article de M. le prince, qui causoit le plus grand embarras, le cardinal déclara au maréchal de Gramont que le Roi l’avoit choisi pour aller à Madrid demander en son nom, au roi d’Espagne, l’Infante sa fille en mariage. I) lui dit ensuite qu’il avoit jeté les yeux sur sa personne préférablement à tout autre, pour la fonction la plus honorable que le Roi pouvoit jamais donner à un de ses sujets. Le maréchal lui rendit toutes les grâces qui étoient