Page:Petitot - Collection complète des mémoires relatifs à l’histoire de France, 2e série, tome 57.djvu/49

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point de paix : ce qui le rangea entièrement du côté du Roi, et qui, pour dire la vérité, fut la seule cause des heureux succès de la négociation de Francfort. Je dirai de plus que la pensée de Peneranda étoit que si l’on traitoit la paix en Allemagne, le cardinal Mazarin pourroit, toutes les fois qu’i) lui sembleroit être bon pour ses intérêts en éluder la conclusion, comme on prétendoit qu’ii avoit fait à Munster ; mais que si une fois il faisoit la démarche de se charger seul de cette grande aSaire, et de la traiter avec don Louis de Hare, il n’oseroit en la rompant s’exposer à la malédiction publique, et que les peuples, étant réduits à la dernière extrémité par les maux d’une si longue guerre, lui jeteroient des pierres lorsqu’ils verroient leurs espérances frustrées, dont l’on ne pourroit rejeter la faute que sur lui. À ce raisonnement il en ajoutoit un autre, sur lequel je ne prétends rien décider, mais seulement exposer le fait, qui étoit qu’il y avoit plus à gagner pour don Louis traitant tête à tête avec le cardinal Mazarin, que par toute autre voie non pas qu’on pût s’imaginer sa capacité plus grande, sa connoissance plus étendue, ni plus de détours ni de souplesse d’esprit pour en donner à tâter à son compagnon, puisque ces qualités ne furent jamais possédées à plus haut degré qu’elles l’ont, été par le cardinal Mazarin mais par la croyance du vulgaire d’une certaine condescendance quiapprochoitde la foiblesse, lorsqu’on traitoit avec lui sans médiateur ce que, pour rendre témoignage à la vérité, il faut avouer qu’il évitoit avec grand soin en toutes rencontres avec toutes sortes de gens.