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INTRODUCTION.

tropole vers le gouffre au fond duquel s’agitent tous les vices du jour, essayent de lutter contre la tendance fatale, et le point de départ de leur lutte est de vouloir rendre à la poésie le haut rang dont on l’a fait déchoir.

C’est que, en effet, la poésie est appelée à exercer une action civilisatrice des plus puissantes ; par le langage élevé que lui impose le choix des sujets qu’elle doit traiter, elle jouit du privilège de ranimer dans le cœur de l’homme les nobles passions que Dieu y déposa ; donnant à l’expression de l’idée une tournure gracieuse ou grande, et harmonieuse toujours, ce qui l’a fait nommer la langue des dieux, elle arrive au cœur aussi bien par les yeux que par les oreilles, et produit ce trouble divin qui ne laisse plus de place aux mauvaises passions ; l’homme, sous son influence, s’abandonne tout entier aux rêves heureux qui effacent momentanément les tristes réalités d’ici-bas. La poésie est une partie de la religion du cœur ; elle enseigne à l’humanité l’amour du beau et du bon ; elle combat avec avantage les faiblesses sociales.