Page:Pierre Le Loyer - La Néphélococugie, édition de 1869.djvu/65

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
53
néphélococugie

Abandonne, renonçant d’avoir faict
Un tel enfant si lourd et contrefaict.


Cornard

Il est aymé toutesfois des pucelles,
Non pas pour luy, ains pour le profit d’elles :
Car en sa hanche il a deux beaux tesmoings
Qui sont plus gros que pillons pour le moins,
Et un beau manche assez roide et qui pousse
Bien roidement sa puissante secousse,
Gentil, nerveux, bien nourry, bien charnu,
Et par sur tous le plus brave tenu.


Genin

Alors le ciel, l’air, le feu et la terre
Et toute l’eau qu’Amphytrite resserre
Dessouz ses bras larges et estendus,
N’estoient encore en leur place espandus,
Tout estoit plein de la nuict tenebreuse ;
Laquelle estant de soy-mesme amoureuse,
De deux beaux œufs feist engraisser son sein :
De l’un nasquit l’archeret inhumain,
Ce Dieu Amour portant au dos des ailles
Et un carquois plein de flesches mortelles,
De l’autre vint un Cocu printanier
Qui feut l’autheur des Cocus le premier,
Noble Cocu, dont la race feconde
Peuple aujourd’huy la plus grand’part du monde.


Chœur

Si les Cocus à ton dire sont vieux
Plus que la mer, que la terre et les cieux,
Que ne sont-ilz ou Dieux ou quelques Princes,
Ayans souz soy les plus belles Provinces ?


Genin

Ilz ont jadis esté de puissans Roys.