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la chronique

de l’ouverture de l’exposition d’Hanoï. C’est que l’Asie Française s’est constituée tout autrement que l’Afrique Française. Au lieu d’avoir été conquise morceau par morceau à la suite d’une série de combats brillants mais isolés, livrés à de petits rois nègres ou à des tribus barbares, l’Indo-Chine a été pour ainsi dire arrachée d’un seul coup au Céleste-Empire dont elle dépendait de fait, dans une campagne admirable qui a porté au plus haut degré le nom de l’amiral Courbet. La destruction de la flotte Chinoise dans la rivière Min et la prise de l’arsenal de Fou-Tchéou comptent, par l’audace de la conception et la précision de l’exécution, parmi les plus beaux faits d’armes de l’époque moderne. Complétée par l’occupation des Pescadores, le blocus du Petchili et les succès du général Brière de l’Isle au Tonkin, cette victoire que les Français n’ont jamais su apprécier à sa vraie valeur, découragea tous leurs ennemis en Extrême-Orient. S’ils dressent un jour sur la terre Indo-Chinoise, les statues de ceux qui ont conquis ce magnifique domaine, le monument de Courbet devra s’élever avec celui de Jules Ferry au-dessus de tous les autres, car sans le prestigieux exploit de l’amiral, le sublime entêtement de