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de france

vers lui pourtant par dégoût du présent. Ensuite, c’est l’âme Alsacienne, réclamée par la France et par la Germanie et qui, s’ignorant hier, commence à prendre conscience d’elle-même, car elle n’est, en vérité, ni Germaine ni Française, et si elle incline davantage vers les Vosges que vers le Rhin, elle revêt déjà des formes indépendantes qui se développeront infailliblement. Et c’est, enfin, le vainqueur, robuste et fier, grisé par l’éclat de la Puissance Romaine dont il se tient pour l’héritier providentiel, lourd dans sa bonne volonté, souvent inhabile dans ses efforts, stupéfait surtout que la force qu’il déploie et la richesse qu’il étale ne fassent pas sourdre du sol des sympathies qu’il y croyait enfouies dès longtemps par la communauté du langage et l’identité présumée des origines.

On devine tout ce que Bazin a pu tirer de suggestif, de délicat et de poignant de la rencontre de ces éléments divers. Il a bien vu l’Alsace, bien compris le problème, bien dessiné les personnages, bien combiné les circonstances. Un reproche pourtant lui doit être fait ; par quelle inadvertance a-t-il négligé de placer l’Alsace protestante à côté de l’Alsace catholique ? Par quelle