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de france

n’admettent pas qu’on puisse se passer d’elle..… Les Sociétés modernes ne sauraient se passer ni de la développer, ni de la réglementer ». L’indifférence de la loi, en matière d’association, est donc une utopie. En général, l’association sera d’autant moins redoutable et, par conséquent, pourra être laissée d’autant plus libre que l’esprit public sera plus éclairé, la tolérance plus générale, les institutions politiques plus stables. Pourtant, un milieu éclairé, tolérant et stable comme celui des États-Unis, a vu se former et se maintenir une association comme Tammany Hall, dont l’influence était délétère et démoralisante. Si par hasard, des Tammany Halls venaient à se reproduire et à se multiplier outre-mer, les pouvoirs publics finiraient bien par être forcés de recourir, pour y remédier, à des mesures efficaces, au risque de donner quelques entorses à la liberté d’association. Lors même qu’il ne s’agit pas de groupements attentatoires à la morale ou au bon ordre, on ne saurait exiger d’aucun gouvernement qu’il reste désarmé en face de sociétés dont la puissance tendrait à égaler ou à contrarier la sienne ; et pourvu qu’en se gardant, il évite les exagérations, les violences et les généralisa-