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de france

s’agissait d’obliger la Porte à céder devant nous et à rétablir elle-même, par cet acte de soumission, notre prestige traditionnel aux yeux des populations orientales : pour cela, il fallait de toute nécessité nous limiter à quelques faits simples, nets, susceptibles de rendre l’ultimatum très clair, et son acceptation très prompte. Un grand déploiement de force au service d’une exigence minime, cela seul pouvait assurer la promptitude du règlement, et seule cette promptitude permettait d’atteindre au but visé. Pour protéger les Arméniens, il eût fallu une expédition comme celle de Syrie sous le second Empire ! Pour rétablir l’ordre en Macédoine, il faut plus encore : il faut le concert européen. Ce concert, il n’a pas dépendu de la France qu’il ne se réalisât ; elle a fait de son mieux pour y aider, et sa conduite a été, d’un bout à l’autre, aussi sage que désintéressée ; mais, dit le proverbe, pour se marier il faut être deux ; pour réaliser le concert européen, il faut l’Europe.

Si la conduite de notre diplomatie ne mérite, en ce qui concerne les affaires de Macédoine, que des éloges, il n’en va pas de même en ce qui concerne la tragédie dont la Serbie a été le