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de france

le président du conseil lui-même, M. Maurice Rouvier. Des dissentiments qui s’étaient élevés entre lui et le ministre des Affaires étrangères l’avaient entraîné à commettre quelques mois plus tôt cette énorme imprudence de laisser une sorte de négociation franco-allemande se nouer à l’insu de M. Delcassé. Simples conversations d’abord, puis échange de notes, le président du conseil français avait fini par se trouver en relations fréquentes avec les représentants du chancelier de l’empire allemand et ce dernier avait pu écrire le 22 mai au prince de Radolin qu’il se croyait « autorisé » à admettre que M. Rouvier « désapprouvait la politique marocaine de M. Delcassé ».

Le conseil des Ministres du 6 juin s’engagea ainsi dans de mauvaises conditions. On devait y examiner les termes d’un accord à conclure avec l’Angleterre, non point pour substituer une alliance générale à l’entente qui existait déjà mais, plus simplement, en vue de garantir les intérêts communs des deux nations pour le cas ou ils se trouveraient menacés par une aggression allemande. Le président du conseil déclara, dit-on, que « sa main sécherait plutôt que de signer un