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de france

L’appel aux radicaux.

Cet appel de la nation au parti radical était, de toutes les solutions possibles, celle qu’on avait le moins prévue. L’étonnement ne fut pas plus fort chez les vaincus que chez les vainqueurs. Ou la réaction, ou une brusque ruée vers le collectivisme : tels étaient les deux termes de l’équation, semblait-il. À plusieurs reprises, depuis 1870, le suffrage universel s’était prononcé vivement pour les mesures moyennes, écartant avec une égale résolution les propositions des réactionnaires et celles des révolutionnaires. Ni réaction, ni révolution avait été la formule imposée par lui aux gouvernants avec une persévérance remarquable. Mais alors il s’était toujours trouvé un parti modéré pour recueillir ce mot d’ordre et l’exécuter. Les événements des dernières années faisaient au contraire que, cette fois, l’instrument d’exécution manquait. Le mouvement qui avait rejeté des républicains comme M. Méline vers un minimum de réaction, avait aussi poussé des républicains comme M. Berteaux vers un minimum de révolution. Il ne restait au centre qu’un petit groupe de radicaux en qui se révélait plutôt une épave du