Page:Pierre de Coubertin - L’Éducation anglaise en France, 1889.djvu/112

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
92
projets et espérances

sentit, sur les instances d’un grand nombre de seigneurs, à créer là un établissement d’éducation en place du séminaire qu’il avait projeté. Louis xiii décora du titre d’Académie royale le collège naissant et lui donna ses fleurs de lys pour armoiries… Ce n’est pas là un souvenir à dédaigner, mais les vraies armoiries de Juilly, ce sont bien plutôt les longues et glorieuses tables où sont inscrits les noms des élèves d’autrefois ; on y relève avec respect ceux de Montesquieu, du duc de Monmouth, du maréchal de Berwick et du grand Villars ; puis encore ceux du conseiller d’Epremesnil, d’Adrien Duport, du duc Pasquier, de Bonald, de l’amiral Duperré, du roi Jérôme, de Bethmont, de monseigneur de Mérode, du général de Sonis et de l’illustre Berryer… et une foule d’autres noms qui ont appartenu à des hommes distingués, bons chrétiens et bons Français, mais surtout esprits justes, sensés, dont la modération et la valeur témoignent hautement en faveur des maîtres qui les ont formés. Dans notre patrie où tant de choses ne datent que d’hier, je crois que l’on chercherait en vain un autre collège ayant un pareil ensemble de souvenirs et de traditions.

Il y a pourtant une lacune dans ce brillant passé. À la suite des secousses de la Révolution, les derniers survivants de l’Oratoire furent assez heureux pour racheter Juilly : mais, dispersés et désunis, ils