Page:Pierre de Coubertin - L’Éducation anglaise en France, 1889.djvu/124

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projets et espérances

Bible ni les Psaumes, ayant des idées plus que vagues sur les origines du christianisme ; il est vrai qu’ils suppléent à cette absence de connaissances religieuses par l’emploi d’une foule de petites pratiques à indulgences, plus mesquines les unes que les autres ; est-ce ainsi qu’on fait de vrais chrétiens ?

Il y a encore les lettres de leurs mères que les élèves reçoivent décachetées et lues et celles qu’ils écrivent à leurs mères sans avoir le droit de les cacheter, ce qui est encore plus fort ; c’est une pratique que je m’abstiens de qualifier. Au lieu que les maîtres cherchent à remplacer les parents, à continuer et à parfaire leur œuvre, il semble au contraire que leur tâche consiste à s’en méfier et à mettre l’enfant en garde contre sa propre famille. Le résultat moral de cette éducation monastique n’est pas brillant ; la moralité est peu élevée dans tous ces établissements où la surveillance, quelque étroite qu’elle puisse être, ne parvient pas à la relever ; mais beaucoup de parents ignorent cela, d’autres ne veulent pas le savoir et quelques-uns enfin se consolent légèrement avec ces mots : c’est partout comme cela ! Parole insensée qui, si elle était justifiée, devrait aboutir à une loi interdisant toute agglomération d’enfants et fermant toutes les écoles.

Il flotte dans l’air anémiant des longs corridors