Page:Pierre de Coubertin - L’Éducation anglaise en France, 1889.djvu/13

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vii
préface

sa main pour aller plus vite. Il aura ses canots à lui, l’année prochaine. Le lac ne lui a fourni que des canots à deux rameurs : il lui faut des barques à six rameurs et même à dix, comme un amiral : il les aura. Comme on se propose de se mesurer avec Eton, il est à propos de soigner sa marine. La victoire sera partagée entre les canotiers et le constructeur.

M. Pierre de Coubertin ne dirige aucune école. C’est simplement un amateur qui ne veut pas être un amateur platonique. Il se propose de refaire la race française. La même idée est venue autrefois, pour la race anglaise, à Guillaume le Conquérant. Il trouvait en Angleterre une race étiolée et mal nourrie. Il eut recours, en vrai Normand, au roast beef, et, de ce peuple malingre, souffreteux et scrofuleux, il fit en peu de temps les premiers fantassins et les premiers forgerons du monde. C’est, du moins, ce que prétend Michelet, à qui j’en laisse la responsabilité. M. de Coubertin n’a pas eu à songer aux beefsteacks parce que nos jeunes gens n’en manquent pas et que ce n’est pas son affaire d’aller regarder aux garde-manger. Mais il a visité les universités et les écoles anglaises où le cricket et le canotage