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projets et espérances

ment auquel donne lieu la perspective d’une course, rien n’est plus passionnant que la nage en skiff ; le spectateur, sur la berge, ne voit rien d’autre qu’une longue traînée et l’homme lui paraît assis dans l’eau ; c’est bien un peu cela ; sur les étroites extrémités recouvertes de peau comme une pirogue scandinave l’eau saute et coule sans cesse, n’épargnant guère que le petit espace où s’étend le rameur ; les porte-nages formés de tiges de métal supportent de grands avirons un peu lourds qui semblent les ailes disproportionnées de cet insecte au corps si mince ; la régularité du coup d’aviron, le mouvement de va-et-vient du siège, les mains qui croisent à chaque fois l’une au-dessus de l’autre, l’équilibre si instable qu’il faut maintenir, autant de difficultés à vaincre dont la récompense consiste dans la délicieuse sensation de la vitesse régulière et sans secousses et dans la plénitude de vie et le sentiment de bien-être indéfinissable qui en résulte. Le charme de la solitude et de l’indépendance s’y ajoute Seulement le skiff n’est point un bateau de novice et il est bon pour l’affronter d’avoir auparavant tiré l’aviron dans une équipe.

Il a paru tout récemment un ouvrage intitulé Physiologie des exercices du corps (Bibliothèque scientifique internationale, Alcan, éditeur). L’auteur, le docteur Lagrange, est connu pour sa