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l’aviron

arrivait jusqu’à nous Un rameur enragé passa rapidement, redescendant la rivière, puis on ne vit plus à sa surface que les lourds chalands qui avaient servi à amener les convives et qui allaient les remmener Le président me dit : « Il se prépare dans le Rowing français une révolution et ce 1889 aura cela de particulier qu’il profitera aux aristocrates de l’aviron. » C’était bien mon avis et ce fut le sujet d’un dernier toast !

Dans la semaine, le garage est souvent silencieux, excepté le matin de bonne heure et le soir après 6 heures ; c’est le dimanche qu’il est le mieux peuplé, mais ce jour-là, quand le temps est beau, il y a trop de promeneurs, trop de « batteurs d’eau » improvisés. Rien ne vaut la Marne quand elle est solitaire : de temps à autre passe un chaland ; sur les berges, il n’y a que quelques flâneurs et des pêcheurs à la ligne ; les constructeurs travaillent en plein air devant la porte ouverte du hangar où l’on entrevoit des formes indécises de bateaux, et l’eau clapote tranquillement sur le bord. Dans l’île des Loups, c’est un silence complet ; le garage est niché là dans la verdure, au pied du grand viaduc qui enjambe la Marne d’une arche immense comme si, s’étant avancé à petits pas jusque-là, il avait pris tout à coup son élan pour atteindre l’autre rive La journée passe et le soleil descend ; alors on voit arriver des amateurs qui se sont dépêchés d’expé-