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projets et espérances

dier leurs affaires, pour avoir encore une heure de bon temps avant le dîner ; en un clin d’œil ils ont passé leurs jerseys et leurs culottes courtes et, jambes et bras nus, ils montent leurs bateaux qui s’éparpillent très vite à droite et à gauche ; ils ne s’arrêtent pas à savourer les beautés du paysage, de crainte de perdre un coup d’aviron ; et, une fois rentrés, ils se précipitent dans l’eau comme pour la remercier du plaisir qu’elle leur a procuré Après le bain, il n’y a plus qu’à dîner et à se coucher et, le lendemain, on abat de la besogne dans les bureaux et on n’est point grincheux avec ses employés, parce qu’on a les idées nettes et qu’on veut du bien à tout le monde.

Un autre plaisir très goûté de ceux qui ont des loisirs ou qui profitent ainsi de quelques congés, ce sont les excursions nautiques qui durent trois, quatre jours et quelquefois davantage ; les canaux aidant, on fait même de longues expéditions d’un fleuve à un autre ; les étapes sont autant que possible réglées d’avance ; quelques péripéties imprévues viennent toujours donner du piquant au voyage et, n’y en eût-il aucune, on ne se repentirait pas néanmoins de l’avoir entrepris ; ces journées d’aviron sont si charmantes et si saines ! Voilà qui serait bon pour employer les répits de nos collégiens, ces courtes vacances de la Toussaint, de Noël, de la Pentecôte, du 14 juillet, dont les parents