Page:Pierre de Coubertin - L’Éducation anglaise en France, 1889.djvu/164

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
144
projets et espérances

cunes, des haines longtemps contenues se devinent entre les lignes : le bon sens et l’observation appuient la plupart des conclusions, mais en définitive on ne demande rien moins qu’un bouleversement général. Pour l’accomplir ou mieux pour en préparer l’accomplissement, le ministre de l’Instruction publique a nommé une commission de 60 membres, laquelle songe très sérieusement à se réunir et mettra au jour dans dix-huit mois un volumineux rapport : un petit bout de réforme en sortira peut-être si l’on est bien sage. En des matières aussi graves il ne faut pas blâmer cette façon de procéder. Je ne crois guère au développement soudain de renseignement spécial, à la transformation radicale et immédiate de toutes nos écoles, non plus qu’à la fondation de ces universités modèles pour lesquelles rien ne saurait remplacer les traditions. On ne peut pas reprocher aux auteurs de faire de grands projets et de les présenter au public ; cela est fort utile et intéressant ; mais il ne faut pas compter qu’on va les réaliser ainsi du jour au lendemain, et même il ne faut pas désirer qu’il en soit ainsi. Pour nous, notre mission est toute autre. Nous n’avons pas à nous préoccuper des examens et de l’enseignement, nous prononçons précisément le divorce entre les deux questions qu’on a eu le tort de croire connexes : ce n’est pas parce que l’on travaille trop qu’on ne joue pas ; on