Page:Pierre de Coubertin - L’Éducation anglaise en France, 1889.djvu/174

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projets et espérances

pu constater la haute influence du sport sur les écoliers, de même, à Toynbee Hall, j’ai pu me convaincre que cette influence n’était pas moindre sur les ouvriers ; le sport ne doit pas être le monopole des riches et des fainéants ; il n’a d’action que sur les hommes occupés, mais sur ceux-là son action est bien puissante ! Sans doute ceux qui se livrent chaque jour à un travail fatigant n’ont pas besoin pour leur santé de faire travailler leurs muscles quand ils ont congé ; mais ils ont besoin de s’amuser, d’avoir quelque chose à faire, de retrouver des amis et des camarades !

« Tout cela chez nous se fera lentement et progressivement ; il s’agit d’aller au plus pressé ; on ne peut pas tout faire à la fois. Seulement nous devons éviter le reproche d’être exclusifs en manifestant hautement nos sympathies pour les classes de la société qui restent momentanément en dehors de notre action. « On a trop souvent, dit M. Buisson, donné pour idéal à l’enfant de l’ouvrier de cesser d’être ouvrier lui-même, de sortir de cette condition pour passer dans une autre : au contraire, nous lui proposons pour idéal de devenir un bon ouvrier, un excellent ouvrier. » — La conséquence de ces paroles si justes et si vraies, c’est qu’il faut étendre à l’éducation de la classe ouvrière, dans le domaine de ce qui est possible et raisonnable, toutes les améliorations que l’on apportera à l’éducation de