Page:Pierre de Coubertin - L’Éducation anglaise en France, 1889.djvu/176

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CHAPITRE x

AU LOIN !

Westward Ho !

C’est le nom d’un collège de l’Angleterre, c’est aussi le cri de lutte et de conquête des pionniers du nouveau monde. On ne pousse pas ce cri-là, chez nous Il doit pourtant y avoir une heure où les jeunes hommes ont soif d’indépendance et d’espace, où nul horizon ne les contente, où nulle distance ne les effraye, où nul combat ne les décourage. Quand cette heure ne vient pas, c’est que quelque chose a été étouffé que la nature poussait dehors ; véritable ferment humain qui s’échappe ensuite mal à propos ou dont on meurt comme d’une rougeole rentrée. Pour les uns, c’est une passion cachée parfois, mais toujours vivace, qui ne cède que devant la mort ; au contraire l’ardeur des autres est passagère : un voyage la satisfait ; ils reviennent et n’éprouvent plus le besoin de repartir.