Page:Pierre de Coubertin - L’Éducation anglaise en France, 1889.djvu/187

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au loin !

leur parti et d’allonger l’itinéraire le plus possible.

Il y a encore la résidence à l’étranger ; le boarding house n’existe pas en Angleterre seulement ; on en trouve un peu partout, en cherchant bien. Là, on peut rapidement et à bon compte voir beaucoup de choses et en apprendre plus encore, sans compter que c’est un excellent moyen de se perfectionner dans la connaissance des langues vivantes. Les Anglais le savent bien et le mettent en pratique chez nous ; à ce propos, je me rappelle le fait suivant : le fils d’un duc et pair britannique vint au Havre et s’établit pendant trois mois chez de petits bourgeois ; il vécut de leur vie, parla français avec eux, visita les chantiers, le port, les environs de la ville et repartit comme il était venu ; presque en même temps le fils d’un duc français passait la Manche ; il resta trois semaines à Londres ; il alla au club ; tous les salons lui furent ouverts ; on lui fit fête et il n’apprit pas grand’chose. Ceci est une histoire ; mais cela pourrait être une parabole entre les deux races.

Voyager jeune, voyager loin, voyager libre : tel est le résumé des lignes qui précèdent ; tels sont aussi les caractères que doit revêtir le voyage pour qu’il porte ses fruits. En France ce n’est pas sans difficultés que ce couronnement de l’éducation s’implantera dans les mœurs ; on est casanier et