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à l’école monge

il est nécessaire qu’on lui donne une grande extension ; mais précisément en ce qui concerne le surmenage, il ne saurait passer pour un remède ; il ne facilite même pas les moyens d’appliquer le remède, au contraire. Les parents ne sont pas toujours libres de se mettre au service de leurs enfants les jours de congé ; et alors, que font-ils de mieux qu’au lycée : on les emmène dans les magasins ou faire des visites ; et, s’ils sont plus grands, ils réussissent trop souvent à s’échapper pour courir Dieu sait où.

Messieurs, j’ai dit tout à l’heure que le régime actuel engendrait l’affaiblissement physique, souvent aussi l’engourdissement intellectuel, toujours l’affaissement moral. Vous devinez donc ce que je pense du projet qui consiste à militariser l’éducation et à fournir par les exercices militaires un contrepoids à la fatigue des études. — Vous ferez peut-être ainsi des muscles plus solides, mais vous êtes assurés également de faire des esprits encore moins ouverts et des caractères de plus en plus incolores ; nous avons assez de moutons comme cela dans notre pauvre pays ; qu’on ne nous en donne pas davantage ; on le ferait sûrement en confondant deux disciplines qui ne se ressemblent guère : la discipline militaire et la discipline scolaire, en rapprochant deux êtres qui ne se ressemblent pas du tout : le soldat et l’enfant.