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le remède au surmenage

Donc ne bousculez pas les programmes ; vous les modifierez sagement et peu à peu, cela sera bien préférable. Ne transportez pas à prix d’argent les lycées à la campagne, parce que cela ne résoudrait pas le problème ; n’introduisez pas le militarisme dans l’éducation, parce que cela le rendrait encore plus complexe. — N’employez aucun de ces grands remèdes moins efficaces que les petits ; je vous demande d’être convaincus d’une seule chose : c’est qu’il faut que vos enfants jouent, et qu’ils ne jouent pas, parce qu’ils ne savent pas jouer. Apprendre à jouer ! Ce mot vous semble peut-être paradoxal ; c’est que nous ne nous entendons pas sur le sens du mot jeu. — Un chef d’institution me faisait les honneurs d’une cour aérée et plantée d’une dizaine d’arbres ; là environ 30 enfants se livraient à de petits mouvements lilliputiens et à mille gamineries ; quatre ou cinq étaient aux arrêts dans les coins ; plusieurs se promenaient gravement ; d’autres, accroupis à terre, jouaient aux billes ; quelques autres encore s’amusaient tout simplement à se tirer la langue et à se faire des grimaces… et leur brave homme de maître, se frottant les mains, me disait : Vous voyez comme ils prennent leurs ébats !… En effet, quand on lâche les enfants en leur disant de jouer, voilà les jeux auxquels ils se livrent ; ils n’ont rien de commun avec ceux que nous voulons intro-