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l’école monge à éton

cette proximité nous avait permis déjà, la veille au soir, d’aller jeter un coup d’œil sur l’ensemble des vieux bâtiments gothiques et sur les perspectives ombreuses du parc qui les entoure. J’avais en même temps réglé avec l’un des principaux professeurs du collège, l’aimable M. Mitchell, l’ordre du jour du lendemain ; nous devions venir à neuf heures et un quart pour assister au service à la chapelle. La chapelle d’Eton est un beau monument orné de vitraux et de boiseries remarquables ; on y entendit ce matin-là de bonne musique, mais je ne crois pas me tromper en affirmant que ce qui frappa davantage vos camarades, ce fut de voir plus de cinq cents collégiens sortir de l’édifice sans l’aide de cloches et de rangs et sans la moindre apparence de désordre ; pas un chuchotement, pas une gaminerie, la tenue la plus correcte… Ce n’était que le premier de leurs étonnements. Le headmaster (traduisez le directeur) nous promena ensuite dans le collège, dans la partie la plus ancienne où habitent les soixante-dix scholars ou internes ; les fixais de leur pension sont payés par une dotation faite jadis par Henri vi, et ces bourses s’obtiennent par un concours très difficile ; aussi l’honneur qui en résulte pour ceux qui le passent avec succès est-il grand ; et l’on voit beaucoup de familles riches faire concourir leurs enfants. Parmi eux, nous fîmes la connaissance du