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l’école monge à éton

de billards, voire même la cuisine où rôtissaient des masses de viandes profondément imposantes, nous étions au nombre de cinq occupés à inscrire nos noms sur le registre de l’Eton Society, où nous avait conduits son président, lord Ampthill ; cette association, qui ne peut dépasser vingt-huit membres, est très ancienne ; chaque semaine on y discute quelque question politique, littéraire ou sociale ; les discours sont conservés dans de gros registres où la génération d’aujourd’hui retrouve la prose de M. Gladstone quand il était lui-même, il y a bien longtemps, élève d’Eton et membre de cette société d’élite. Le local est petit, mais très confortable ; trois jeunes gens s’y trouvaient réunis quand nous y sommes entrés : l’un d’entre eux faisait une version à l’aide d’un volumineux dictionnaire ; les deux autres lisaient les journaux du jour Je me souviens du sujet mis en discussion la semaine précédente : Dans l’état actuel de la civilisation, une nation victorieuse a-t-elle plus d’avantages à exiger du vaincu une indemnité de guerre qu’une cession de territoire ? En sortant de là, un d’entre vous me donna une preuve non équivoque de sa justesse de jugement par la réflexion qu’il me communiqua : « Comme tout cela, me dit-il, est peu enfantin ; ces enfants sont déjà des hommes. » Rien ne vaut décidément de voir par soi-même ; j’aurais eu beau répéter vingt fois cette vérité que vous ne l’eussiez