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à l’école monge

Et maintenant, pour finir, un vœu ; plus qu’un vœu, une prière. Il y a au dehors une classe d’individus sur les nerfs desquels vous agissez d’une façon désagréable ; ce sont les empêcheurs de danser en rond, ceux qui n’aiment pas voir faire à autrui les choses qu’ils ne peuvent faire eux-mêmes. Un tas de vieux grincheux, de savants qui ont laissé éteindre leurs lanternes, s’en vont répétant que votre instruction va être compromise, que vous serez des ignorants et que, dorénavant, vous raterez vos examens. Faites-moi l’indicible plaisir de cogner sur ces gens-là, non pas avec les biceps que le système nouveau développe déjà en vous, — mais à coups de diplômes et de nominations. — Faites-les taire sous une avalanche de succès ; qu’ils aient l’humiliation de voir leurs pronostics démentis et qu’ils soient forcés de reconnaître que de monter à cheval, de jouer au cricket et d’aller en bateau, cela rend les idées plus nettes, la mémoire plus sûre, l’intelligence plus vive ; après cela, quand ils auront vu que cela rend aussi le caractère plus fort et la volonté plus persévérante, quand ils vous auront reconnu aux premiers rangs des bons serviteurs de la France, il ne leur restera plus qu’à s’avouer complètement vaincus… ou à se jeter dans la Seine…

Ce n’est pas moi qui irai les repêcher !