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pédagogie sportive

corde lisse semble avoir été d’usage fréquent. Les haltères étaient de formes variées mais ils ne paraissent pas avoir ressemblé aux nôtres ; c’étaient en général de grosses boules rondes munies d’anses ou bien des masses oblongues avec un creux où passer la main ; on faisait aussi usage de pierres. Les haltères (de allomaï, sauter ?) s’employaient pour accélérer le saut. Aristote et Théophraste prétendent que l’aide qu’y trouvait le sauteur était considérable. Vérification faite, cela ne pourrait se soutenir que s’il s’agit d’haltères très légers et de sauts à pieds joints.

L’escrime antique a toujours été handicapée par l’absence du masque à treillis. La veste et même le fleuret auraient peut-être pu être suppléés mais non le masque auquel il ne semble pas qu’on ait songé. On distinguait la Sciamachia (littéralement : escrime contre une ombre, et la Monomachia escrime contre un adversaire vivant) ; la première se faisait dans le vide ou contre un obstacle tel qu’un pieu planté en terre ; la seconde avec des armes de bois se composait le plus souvent de simples feintes.

La lutte ressemblait beaucoup à celle que pratiquent les modernes : lutte debout dans laquelle il fallait que l’un des lutteurs eût trois fois perdu pied ou mis un genou en terre pour être déclaré vaincu — lutte à terre qui rappelait notre style libre plutôt que notre style dit gréco-romain et se poursuivait souvent jusqu’à ce que le vaincu eût demandé grâce.

Le pugilat était une boxe anglaise à poings nus ou peut-être revêtus d’une enveloppe amortissante bien qu’à cet égard l’incertitude règne[1]. L’Iliade décrit

  1. Il est improbable que les Anciens n’aient jamais songé à envelopper le poing pour le rendre relativement inoffensif. Remarquons, en effet, que le gant de boxe peut être rem-