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pédagogie sportive

adeptes. N’oublions pas que le « punching ball » fut connu des Grecs. C’était un gros ballon (corycos) rempli de graines ou de sable selon la force de ceux auxquels il servait d’engin d’entraînement ou d’exercice.

Dans beaucoup de sports grecs sinon dans tous apparaît la préoccupation d’accroître la difficulté tandis que les modernes cherchent à faciliter à l’athlète son effort ; nous pensons par là rendre le geste plus parfait ; eux pensaient le rendre plus énergique : piste de sable pour les coureurs au lieu de piste cendrée, sandales doublées de plomb pour courir ou sauter au lieu de chaussures ultra-légères et ainsi de suite. Un de nos boxeurs qui pratiquerait le ceste compromettrait sa forme et la rapière allemande tend à rendre inapte au fleuret. Toutefois on peut se demander si la théorie des « impedimenta » ne contient pas une part d’exactitude et si elle ne serait pas susceptible d’applications heureuses, même de nos jours.

La sphéristique des Grecs comprenait tous les jeux de balle : ils étaient légion. La dimension de la balle et les règles du jeu se différenciaient indéfiniment sauf en ce qui concerne la raquette qui ne semble pas avoir été employée dans l’antiquité. Les jeux de balle n’étaient pas tous traditionnels ; les professeurs s’ingéniaient à en inventer de nouveaux pour satisfaire leur clientèle ou bien ils retouchaient et perfectionnaient les jeux en usage. La vogue de ces jeux fut intense mais surtout parmi les enfants et les personnes d’âge mûr ainsi que l’atteste ce vers de Martial : « Folle decet pueros ludere, folle senes. » Les jeunes gens dédaignaient au contraire un sport qu’ils ne trouvaient pas assez athlétique.

Quant à l’orchestique, c’était l’ensemble des danses mais ce mot n’avait pas alors le même sens qu’au-