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histoire des exercices sportifs

diateurs malgré leur caractère mercenaire et les bas-fonds d’où généralement ils sortaient.

Il arriva maintes fois que des jeunes gens de la haute société se mêlèrent aux gladiateurs ; certains même se déclassèrent légalement pour pouvoir embrasser cette profession. Horace et Properce parlent de chevaliers servant comme gladiateurs au cirque. Suétone et Dion citent de jeunes nobles qui s’employaient à former eux-mêmes des gladiateurs. Il y eut du reste des combats publics mettant aux prises des amateurs. On vit des sénateurs et même un empereur descendre dans l’arène par désir des applaudissements. À un moment, un senatus-consulte vint interdire aux « fils et petits-fils de sénateurs » la participation aux Jeux de gladiateurs et Dion raconte que vingt-huit ans plus tard, ce senatus-consulte fut rapporté « à cause de son inefficacité ».

Y avait-il derrière cette activité du cirque une sportivité véritable s’étendant, non comme en Grèce à la majorité de la population, mais du moins à une importante minorité ? On ne peut le croire. Le caractère des exercices du Champ de Mars resta toujours exclusivement militaire. C’était une préparation au service : les adolescents y prenaient part uniquement pendant l’époque précédant leur appel ; les hommes mûrs cessaient de s’y intéresser. Si l’on cite Marius et Pompée qui parfois s’y montraient, c’est que justement le fait était rare. Lorsque l’athlétisme grec tenta

    le Maximus qu’on prétendait dater de Tarquin, le Flaminius, bâti en 220 avant Jésus-Christ, l’Agonalis édifié par Alexandre Sévère, le Vaticanus dans les jardins de Caligula, mais surtout l’amphithéâtre Flavien au Colisée, bâti par Vespasien.