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pédagogie sportive

vre entreprise par Ling. À 17 ans, Ling, échappé de l’école, avait déjà couru l’Europe et fait tous les métiers ; domestique, interprète, soldat de l’armée de Condé, etc. Rentré assagi à l’université de Lund, puis étudiant en théologie à Upsal, il passa de là à Copenhague où, croit-on, il reçut ses premières leçons d’escrime de deux émigrés français en même temps qu’il suivait l’enseignement donné par le danois Nachtegall, lequel venait d’introduire dans son pays la gymnastique allemande[1].

Plus tard, protégé par Charles xiv (Bernadotte) et Oscar ier, il développa grandement l’Institut central de gymnastique fondé par lui à Stochkolm en 1813 et dont il fut, durant un quart de siècle, le premier professeur. Chose curieuse, Ling n’avait rien d’un scientifique. C’était plutôt un imaginatif et un empirique[2]. Sa popularité naquit de ses efforts pour remettre en honneur les vieilles sagas scandinaves. Sans qu’on puisse déterminer exactement quels furent

  1. L’œuvre de Nachtegall, lui-même élève de l’Allemand Guths Muths, paraît avoir été considérable ; il créa de nombreux gymnases dont un pour femmes que fréquentèrent plusieurs milliers d’élèves ; et dès 1803 il persuada au gouvernement danois d’annexer à chaque école communale un terrain d’exercice.
  2. On peut en juger par sa théorie des « trois manifestations vitales » d’après laquelle le système nerveux joue dans le corps humain le rôle dynamique, la circulation du sang le rôle chimique et le système musculaire le rôle mécanique. Ling considère que ces trois manifestations devant « s’égaler, la prédominance de la manifestation mécanique amènera une maladie d’ordre chimique tandis que la prédominance de la manifestation chimique amènera une maladie d’ordre dynamique ».