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histoire des exercices sportifs

Les États-Unis ont introduit dans la vie sportive contemporaine — outre différents jeux dont les principaux sont le base-ball et un football Rugby modifié d’une façon qui le rend plus rude sans en accroître la valeur technique — quelques nouveautés intéressantes ; en premier lieu l’Athletic Club.

Un Athletic Club américain, — tels ceux de New-York, de Chicago, de Boston, de San-Francisco, etc., — est une réplique en hauteur du gymnase grec avec cette différence essentielle que la fréquentation en est restreinte aux seuls membres du club et que le public n’y est pas admis. Édifice urbain comprenant une piscine, des salons et salles à manger, un gymnase, une salle de paume, voire même des chambres à coucher, l’Athletic Club dont les nombreux étages se terminent par une terrasse où l’on peut prendre un bain d’air ou patiner en hiver, possède souvent une annexe rurale avec jardins, terrains de jeux, étangs ou cours d’eau, etc. Il semble que de tels paradis sportifs soient faits pour inciter tous ceux qui y ont accès à la pratique des sports. Mais ce n’est pas toujours le cas. Une statistique publiée en 1908 indiquait comme faisant partie des groupements régionaux de l’Amateur Athletic Union (la grande Fédération des États-Unis), plus de 400 clubs avec un effectif d’environ 850.000 membres. La valeur immobilière représentée était de plus de 120 millions de francs, sans compter 3 millions d’engins et appareils répartis en 314 gymnases et 323 terrains de jeu. Voilà des chiffres impressionnants, surtout pour l’époque. Mais on note avec surprise que, par exemple, dans la région de Saint-Louis il y avait 9.900 « inactifs » sur 13.579 membres. Dans l’ensemble on dénombrait 50.000 gymnastes, 43.000 adeptes des « athletic sports », 8.367 joueurs de