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pédagogie sportive

Paris, les 31 mai et 1er juin 1888, sous la présidence de Jules Simon, il avait en vue une réforme pédagogique déterminée. Ayant reconnu qu’il n’y avait rien d’exclusivement anglo-saxon dans les principes sur lesquels Arnold avait appuyé sa réforme et basé son système, les fondateurs du Comité avaient pour but d’introduire ces principes en France en les appropriant à la mentalité et aux institutions nationales. Ils se proposaient par là de transformer l’éducation et de « rebronzer » la France. Une pareille ambition ne pouvait naturellement séduire au début qu’une petite pléiade de novateurs et, dès les premières réalisations, elle devait par contre voir se dresser devant elle la coalition de ceux dont les intérêts se trouvaient lésés ou les habitudes dérangées.

Il est impossible d’exposer ici les diverses phases d’une lutte qui dure encore[1], mais il est utile de noter la nature des oppositions qui se sont produites et des obstacles rencontrés, tant en France que dans les pays avoisinants. La première en même temps que la plus naturelle vint des parents redoutant la rudesse des sports virils et les accidents pouvant en résulter. Il ne reste plus grand chose de cet état d’esprit ; l’accoutumance s’est faite, surtout depuis la guerre de 1914. Non moins passagère fut l’hostilité de certains milieux catholiques apercevant dans la renaissance athlétique et principalement dans le Néo-olympisme un retour offensif des idées païennes. Le pape Pie x sollicité en 1905 de se prononcer à cet égard le fit non seule-

  1. Je dois renvoyer le lecteur désireux d’en être informé à mon livre Une campagne de vingt-un ans, publié en 1908 et à un article paru dans la Revue hebdomadaire de mai 1917 et qui résume assez complètement la période 1887-1917.