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pédagogie sportive

incomplet. ▬ Le mécanisme de la course est simple mais il comporte une modification complète de l’équilibre corporel : d’où la « surprise » de l’organisme désorienté par l’ensemble de conditions nouvelles brusquement imposées[1]. De là aussi la nécessité de se mettre au pas de course très fréquemment, presque quotidiennement, si l’on ne veut pas en devenir rapidement incapable. Aucun exercice ne présente une pareille rapidité de désaccoutumance. ▬ La course est classée : vitesse, demi-fond et fond selon l’allure, elle-même dépendante de la distance à parcourir ; elle est artificielle ou naturelle selon qu’elle emprunte un terrain non préparé ou bien une piste gazonnée ou cendrée, spécialement établie et entretenue ; enfin elle est plate ou à obstacles selon la nature du parcours. Ces obstacles eux-mêmes peuvent être naturels (barrières, haies, fossés) ou bien simulés et simplement posés sur le sol pour être plus facilement renversables. ▬ La course est un exercice rythmé, dans son principe du moins : ce rythme est poussé au degré le plus parfait dans le 110 mètres haies où la concordance absolue qui doit s’établir entre la course et le saut oblige l’athlète à une coordination de mouvements très remarquable. ▬ Le coureur est un calculateur ; à tous moments il lui faut connaître le Doit et Avoir de ses forces, sentir ce qu’il a dépensé et ce qu’il lui reste à dépenser de façon à tirer le maximum d’un effort bien réparti.

  1. Cette surprise n’existe pas à un pareil degré même chez le nageur qui se trouve pourtant transporté sans transitions dans un milieu hostile : c’est que sa surprise est extérieure tandis que celle du coureur est en quelque sorte intérieure.