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technique des exercices sportifs

Le saut se prend avec ou sans élan, avec ou sans perche. Il comprend quatre modalités principales : sauts en longueur et en hauteur ; sauts vertical (de bas en haut) et en profondeur (de haut en bas)[1]. Tous ces sauts peuvent être exécutés avec la perche et non pas seulement le saut en hauteur[2]. ▬ Le saut demande de l’expérience, du jugement et de la décision. Le pire ennemi du sauteur, c’est l’hésitation. Il doit, d’un coup d’œil, apprécier au préalable la totalité de l’effort à fournir ; impossible de réviser son appréciation en cours d’exécution ; si elle est erronée, le sauteur s’en aperçoit en sautant et trop tard pour la corriger. ▬ La conséquence est qu’au rebours d’autres sports dans lesquels l’insuccès est un aiguillon nécessaire, son influence est, ici, néfaste. Aussi doit-on régler la progression avec prudence de façon à éviter les insuccès répétés qui feraient naître la « peur mécanique »[3]. ▬ Il est à peine besoin d’indiquer qu’à aucun moment et sous aucun prétexte l’emploi du tremplin n’est recommandable ; c’est un engin propre à détériorer le sauteur en donnant à ses

  1. On pourrait ajouter la prouesse gymnique connue sous le nom de « saut périlleux ».
  2. L’emploi de la perche limité au saut en hauteur constitue une erreur. C’est un sport de tous points admirable mais il ne doit pas être exclusif. Pratiquement, il ne sera jamais très opportun d’aborder un obstacle de cette façon-là. La perche, au contraire, est indispensable pour accroître en cas de besoin, l’amplitude d’un saut en longueur.
  3. La peur mécanique est un phénomène animal et en quelque sorte localisé qui semble prendre son point de départ dans la « mémoire des muscles ». La maladresse commise tend à s’incruster dans les muscles et à se reproduire en s’aggravant.