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le mouvement universitaire aux états-unis.

mousse de champagne, et dans laquelle les Américains sont passés maîtres. Afin que son anniversaire fût fêté convenablement, les anciens élèves et les amis de l’université ont souscrit près de cinq millions de francs. Ce serait beaucoup s’il ne s’agissait que de victuailles et de feux d’artifice ; mais, selon l’usage d’outre-mer, la plus grande partie de cette somme sera employée à d’utiles fondations, à agrandir ou à embellir les bâtiments universitaires.

Ils sont groupés dans la verdure, sur le sommet d’une colline non loin de laquelle passe la grande ligne de New-York à Philadelphie. L’Européen naïf, qui court d’une ville à une autre et appelle cela visiter les États-Unis, entrevoit un instant dans la brume la silhouette de leurs clochers et de leurs pignons. Si aux luxueuses installations du Pensylvania-Limited il avait préféré la lenteur pittoresque du train omnibus, il aurait pu descendre à Princeton junction, d’où un petit chemin de fer joujou l’eût conduit en dix minutes à l’entrée même du campus. Le campus, dans une université américaine, c’est le centre de la vie collective, le carrefour où tout converge. Là s’élèvent les amphithéâtres, les salles de conférence, le gymnase, la chapelle, la bibliothèque et ces dormitories, vastes constructions qui groupent trente, cinquante, quelquefois cent étudiants et où chacun a sa chambre et son cabinet de travail qu’il meuble et décore à sa fantaisie. Tous ces édifices sont séparés les uns des autres par des pelouses et des bouquets d’arbres. Ils datent en général d’époques différentes et leur architecture est très variée.