Page:Pierre de Coubertin - Universités transatlantiques, 1890.djvu/14

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en mer.

plaids, ses édredons, ses boas lui donnaient l’aspect d’un vaste effondrement. Toutes les quinze minutes néanmoins, une voix languissante s’échappait de cet amas de matières plucheuses et disait, en s’adressant au garçon qui passait avec des assiettes et des verres plein les mains : « Gââçon, oune cottelette ; gââçon, du poulette froide ! » Cela me rassurait singulièrement sur leur sort !

« Commandant, quel temps fera-t-il demain ? Commandant, le vent nous pousse-t-il ?… » Cette chanson-là se chantait à dîner dans la grande salle à manger somptueuse et brillante avec ses dorures, ses colonnes, ses tapis et ses lampes électriques ; là-haut, dans le salon, les organisateurs du concert pour les « veuves des marins naufragés » répétaient leurs morceaux malgré le roulis, lequel, par instants, troublait méchamment les accords.

Ah ! mon Dieu ! voici un petit triangle blanc à l’horizon ! Un iceberg ! Combien a-t-il de long ? à quelle distance se trouve-t-il ?… Le commandant est rentré chez lui. Alors on s’adresse au coiffeur, qui est certainement, après le commandant, l’homme le mieux