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universités transatlantiques.

L’Hudson, par un beau jour comme celui-ci, constitue un des très rares paysages devant lesquels le touriste européen qui ne franchit pas le Mississipi doit s’incliner ; partout ailleurs, les souvenirs de son vieux monde font pâlir pour lui les tableaux qu’il contemple. À la longue, il se fait aux charmes mystérieux de la plaine immense, des forêts sombres, des savanes et des marais, mais l’impression première a été décevante et il faut longtemps pour qu’elle s’efface. Au contraire, les rives de l’Hudson, la masse du Niagara tombant à ses pieds, le panorama de Québec et celui de Montréal, le Potomac vu du Capitole de Washington et les étincelants couchers de soleil de la Floride restent pour toujours présents à sa mémoire.

New York est déjà loin, silhouette fantastique surmontée par une réclame dont les lettres géantes sont accrochées en l’air sur un treillis de métal ; le mouvement diminue ; plus de ferries, plus de barques. L’Hudson, puissant et calme, est bordé à droite par des collines verdoyantes semées de villas ; à gauche, ce sont les fameuses Palissades, longue suite de falaises