Page:Pierron - Histoire de la littérature grecque, 1875.djvu/13

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Chapitre premier - Préliminaires

Origine probable des Grecs et de leur langue.

La race hellénique se croyait autochtone, c’est-à-dire, suivant la force de ce terme, née de la terre même qu’elle habitait. Fière à bon droit des merveilles de sa brillante civilisation, elle repoussait toute idée de parenté avec les races moins heureusement douées qui bordaient ses frontières, et elles les enveloppait indistinctement dans l’injurieuse dénomination de barbares. Certains peuples qui pourtant parlaient sa langue, mais dont la culture lui semblait trop imparfaite, n’échappaient pas à cette proscription. Ce ne fut que fort tard, et après avoir fait leurs preuves, que les Macédoniens et les Épirotes, par exemple, furent admis à participer aux privilèges de la noble famille. Quant aux nations étrangères, celles dont la langue leur était inintelligible et sonnait à leurs oreilles comme un gazouillement d’oiseaux, ainsi que s’exprime le poète antique, les Hellènes ne supposaient même pas qu’elles pussent avoir avec eux la plus lointaine communauté d’origine. Ils étaient parents néanmoins,