Page:Pierron - Histoire de la littérature grecque, 1875.djvu/212

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qui pousse naturellement au cœur des jeunes gens. Tant qu’un mortel possède l’aimable fleur de la jeunesse, son esprit est léger et rêve mille projets impossibles. Car il n’a crainte ni de vieillir ni de mourir ; et, quand il est bien portant, il ne s’inquiète nullement de la maladie. Insensés ceux dont la pensée est en cet état, ceux qui ne savent pas combien le temps de la jeunesse et de la vie est court pour les mortels ! Mais toi, qui le sais, dirige-toi vers le terme de la vie en travaillant avec courage à faire jouir ton âme des bleus de la vertu. »


Épigrammes de Simonide

Ce que les Grecs appelaient épigramme n’était à l’origine qu’une inscription, comme l’exprime le mot lui-même, et se disait indistinctement de tout ce qui servait à indiquer aux passants qu’ici était inhumé tel personnage, que ce monument avait été consacré pour telle raison et dans telles circonstances, et d’autres choses analogues. Ces inscriptions étaient ordinairement en vers. Depuis l’invention du distique, on les rédigea de préférence en vers élégiaques. L’Anthologie contient des épigrammes qui sont données pour être d’Archiloque, de Sappho, d’Anacréon. Ce sont des morceaux assez insignifiants, et qui probablement n’ont été composés que longtemps après la mort des poètes auxquels on les attribue. Simonide fut le premier qui fit de l’épigramme un genre de poésie vraiment digne de la Muse. Parmi les épigrammes de Simonide, il en est une, mais une seule, dont le ton est sarcastique, et qui serait encore aujourd’hui ce que nous nommons une épigramme. C’est une inscription funéraire pour un poète que Simonide n’aimait pas, ce Timocréon de Rhodes dont nous avons parlé plus haut. Simonide le traite fort mal ; et il n’est pas besoin de forcer les conjectures pour assurer que cette épitaphe n’a jamais été gravée sur le tombeau de Timocréon. Les autres épigrammes de Simonide sont des œuvres sérieuses, et qui comptent comme monuments de l’histoire. Ainsi cette inscription sur une statue du dieu Pan : « C’est Miltiade qui m’a dressé, moi Pan le chèvre-pied, l’Arcadien, moi qui ai pris parti contre les Mèdes