Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/104

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ment, prenant le nom de sophiste aux yeux de tous les Grecs, te portant pour maître en fait d’éducation et de vertu, et étant le premier qui te sois cru en droit d’exiger un salaire à ce titre. Comment donc pourrait-on se dispenser de t’appeler à l’examen de ces objets, de t’interroger et de te faire part de ses pensées ? Il n’y a pas moyen de ne pas le faire, et, dès ce moment, je souhaite revenir sur les questions que je t’ai d’abord proposées, en apprendre de toi quelques-unes, et en examiner d’autres de concert avec toi. Ma première demande était, [349b] je crois, celle-ci : La sagesse, la tempérance, le courage, la justice et la sainteté sont-elles cinq noms différens d’une même et unique chose, ou chacun de ces noms se rapporte-t-il à un sujet propre, à une chose qui ait sa faculté particulière, qui la distingue de toute autre ? Tu as répondu que ce ne sont point les noms d’une même chose, mais [349c] que chacun d’eux est imposé à une chose particulière ; que toutes ces vertus sont des parties de la vertu, non comme les parties de l’or, qui sont semblables entre elles et au tout dont elles font partie ; mais comme les parties du visage, qui diffèrent du tout auquel elles appartiennent, et entre elles, ayant chacune leur faculté propre. Si tu es encore dans le même sentiment, dis-le ; et si tu en as changé, explique-le sans dif-