Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/112

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la science lui ordonne ; qu’enfin l’intelligence est suffisante pour défendre l’homme contre toute espèce d’attaque ?

Socrate, me répondit-il, la chose me paraît telle que tu dis, et [352d] il serait honteux pour moi plus que pour tout autre, de ne pas reconnaître que la science et la sagesse sont ce qu’il y a de plus fort parmi les hommes.

On ne peut, lui dis-je, répondre mieux ni avec plus de vérité. Mais sais-tu que le plus grand nombre n’est pas en cela de ton avis ni du mien, et qu’ils disent que beaucoup de gens connaissant ce qui est le meilleur, ne le veulent pas faire, quoique cela soit en leur pouvoir, et font toute autre chose ? Tous ceux à qui j’ai demandé quelle était la cause d’une pareille conduite, m’ont répondu que, ce qui fait qu’on agit de la sorte, c’est qu’on se laisse vaincre par le plaisir, [352e] par la douleur, ou par quelqu’une des autres passions dont je parlais tout-à-l’heure.

Vraiment, Socrate, il y a bien d’autres choses sur lesquelles les hommes n’ont pas des idées justes.

Essaie donc avec moi, Protagoras, de les détromper, et de leur apprendre en quoi consiste ce phénomène qui se passe en eux, et qu’ils appellent être vaincu [353a] par le plaisir, et en conséquence ne pas faire ce qui est le meilleur, quoi-