Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/119

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disons s’être laissé vaincre par le plaisir, ne serait coupable d’aucune faute. Par quelle raison, continuera-t-il peut-être, les biens ne doivent-ils pas l’emporter sur les maux, ou les maux sur les biens, sinon parce que les uns sont plus grands, les autres [355e] plus petits, ou les uns en plus grande, les autres en moindre quantité ? Nous n’aurons certainement d’autre raison à alléguer que celle-là. Il est donc évident, conclura-t-il, que se laisser vaincre par le plaisir n’est autre chose que choisir des maux plus grands à la place de biens plus petits. En voilà assez sur ce point. Appliquons présentement aux mêmes objets les noms d’agréable et de désagréable. Et au lieu que nous disions tout-à-l’heure qu’un homme fait ce qui est mauvais, disons ici qu’il fait ce qui est désagréable, quoiqu’il le connaisse pour tel, parce qu’il se laisse vaincre [356a] par ce qui est agréable, sans doute dans le cas où l’agréable ne mérite pas de l’emporter ; et quel autre mérite le plaisir peut-il avoir sur la douleur, si ce n’est l’excès ou le défaut de l’un comparé à l’autre, c’est-à-dire, lorsque l’un est plus grand, l’autre plus petit, l’un en plus grande, l’autre en moindre quantité ? En effet, si on nous disait : Socrate, le plaisir ou la peine présente l’emporte de beaucoup sur le plaisir ou la peine future ; par quel autre endroit, répondrais-je, sinon par le plaisir