Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/120

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ou par la douleur ? Il n’est pas possible que ce soit par autre chose. Nous ressemblons tous à [356b] un homme qui, sachant bien peser, met d’un côté les choses agréables, de l’autre les désagréables, et celles qui sont proches et celles qui sont éloignées, les pèse dans sa balance, et décide de quel côté est l’avantage. Si vous pesez plaisirs contre plaisirs, ceux qui sont plus grands et en plus grande quantité doivent toujours être préférés ; si c’est peines contre peines, il faut toujours choisir celles qui sont moindres et en moindre quantité ; enfin, si l’on contrebalance les plaisirs et les peines, et que les plaisirs l’emportent sur les peines, les plaisirs présens sur les peines éloignées, ou les plaisirs éloignés sur les peines présentes, il faut faire l’action où les choses sont ainsi disposées ; si, [356c] au contraire, les peines l’emportent sur les plaisirs, il ne faut pas la faire. Y a-t-il, leur dirais-je, quelque autre parti à prendre ? Je suis persuadé qu’ils ne pourraient pas en assigner un autre.

Protagoras en jugea de même.

Puisque cela est ainsi, répliquerai-je, répondez à ceci. Les mêmes objets ne nous paraissent-ils pas plus grands, étant vus de près, et plus petits, étant vus de loin ? N’en conviendraient-ils pas ?

Sans difficulté.